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Carnet de voyage en Haïti - 2012

 Carnet de voyage :

 

http://www.edgrahamphoto.com/wp-content/themes/sideways/sideways/teren.htm

 

Cet été, des membres de l’Association, dont le président, Jean-Pierre
Moineau, et le trésorier, Rony Michel, se rendent a Haiti pour
rencontrer les membres de l’association sœur sur place, Haïti-France.
“Ce voyage nous permettra de mieux connaître le pays et sa situation,
explique Jean-Pierre Moineau. Donc de mieux parler d’Haïti ici et de
mieux cerner les besoins et les attentes sur place.” De nombreuses
rencontres et discussions devraient ponctuer le voyage, des projets
concrets émerger. Retrouvez les carnets (si possible quotidiens !) et
les photos de ce voyage d’amitié et de solidarité à partir du 5
juillet.

RENCONTRE ET DÉCOUVERTE


 

 Jeudi 5 juillet

  • Même si Goudou Goudou, le documentaire de Fabrizio Scapin et Pieter Van Eecke tourné en Haïti un an après le séisme nous y avait préparés, la situation dramatique que traverse la pourtant si belle île des Caraïbes nous frappe dès la sortie de l’aéroport à Port-au-Prince. Les campements qui se sont dressés au lendemain du tremblement de terre pour abriter ceux dont les maisons ont été détruites sont toujours là, devenus des bidonvilles. Les tapes-tapes colorés, moyen de transport haïtien à mi-chemin entre le taxi et le bus, pullulent dans la ville, comme les marchands de bric et de broc. “Les Haïtiens “brassent”, explique Rony Michel, trésorier de l’Afhsa, arrivé sur place depuis une dizaine de jours. Il faut brasser pour manger, il faut brasser pour survivre. La misère est partout.” Sur la route qui nous mène à la maison de notre hôte, nous croisons un convoi de casques bleus de l’ONU. “Je doute que ce soit la bonne manière de mettre en œuvre la solidarité internationale, pense tout haut Jean-Pierre Moineau, président de l’association, venu sur place pour mieux appréhender la situation et les besoins. Partout, des bâtiments en chantier : on sent que la ville se reconstruit (trop) doucement, il reste beaucoup de travail.” Demain soir, une réunion est organisée avec les membres de l’association sœur, Haïti-France : un moment de rencontre et d’échange pour mieux se connaître et avancer vers la mise en œuvre de projets concrets.

                                                                                                                                                                                    M.A.

 


 

 Rencontre

  • Point d’horizon de notre deuxième journée à Port-au-Prince : la rencontre à 17h des membres de l’association sœur, Haïti-France. Une impatience partagée puisque nous retrouvons Pierre Lamotte, le président, Emmanuel Frédéric, le vice-président, et Jean-Marie Baudoin, le secrétaire de l’association locale, un petit peu avant l’heure prévue. “Le séisme nous a bouleversés en France et l’idée de redonner vie à l’Afhsa pour essayer de répondre à l’urgence s’est imposée, a rappelé Jean-Pierre Moineau, en introduction à la discussion. Mais tout ça vu de notre fenêtre, nous ne sommes pas sûr de répondre à vos attentes. Notre venue est l’occasion d’échanger.” Nos amis haïtiens ont alors rappelé l’enthousiasme qu’a été le leur face à la “renaissance” de l’Afhsa et les ambitions portées. “L’association peut jouer un rôle important dans la reconstruction du pays”, a exprimé Pierre Lamotte. Au cours de la discussion a également été réaffirmé qu’Haïtiens ou Français, les membres de l’Afhsa partagent une même approche de la solidarité, héritée de l’histoire de l’association résolument ancrée du côté des forces progressistes. Une conception de la solidarité donc forcément durable et quelque peu différente de celle des ONG. “Dans ce pays, il y a des milliers d’ONG qui obtiennent des sommes faramineuses et ne font rien, a expliqué Jean-Marie Baudoin. L’Afhsa peut faire naître de nouveaux espoirs.” L’idée que l’association agisse au-delà de l’urgence post-séisme a finalement été évoquée et une nouvelle rencontre organisée pour mieux définir les bases de cette nouvelle orientation.

                                                                                                                                                                            M.A.

 

 


 

 

Vendredi 6 juillet

 De belles âmes

  • Journée tourisme : départ de bon matin pour Jacmel, petite station balnéaire à l’architecture coloniale, qui plus est “prisée par les français”. Mais avant, il nous aura fallu demander notre chemin à plusieurs reprises et tout l’enthousiasme de Fenelle pour parvenir à notre étape intermédiaire. Niché dans les hauteurs de la verte Vallée, au sud d’Haïti, au bout d’une piste chaotique qui n’a pas ménagé nos vertèbres, l’hôpital Saint-Joseph nous apparaît enfin. Sur les bancs, des patients patientent, en famille, parfois un bébé dans les bras. Et si dans les couloirs, les membres de l’équipe médicale s’interpellent en anglais, c’est que beaucoup viennent de Louisiane. Deux équipes débarquent deux fois dans l’année pour offrir bénévolement leur service aux quelques quarante mille habitants de la région. “Nous avons réalisé une trentaine de cataractes cette semaine”, se réjouit fièrement le docteur René, Haïtien expatrié. Et pas seulement : glaucome, chirurgie obstétrique, parfois même chirurgie cardiaque, et bien entendu médecine ambulatoire assurée toute l’année par une équipe sur place. Dans le dispensaire, Fenelle évolue comme un poisson dans l’eau, heureuse de constater les évolutions : là une nouvelle salle de chirurgie pour les ophtalmos, ici la réserve de médicaments. Et l’hôpital n’a pas fini de s’agrandir, le tout porté par l’Association haïtienne de développement humain (AHDH), fondée par des Haïtiens expatriés aux Etats-Unis, dont Fenelle. “L’Etat ? Quel Etat ? réagit le Dr René, lorsque nous l’interrogeons sur la contribution de ce dernier. Mais il y a de belles âmes dans ce pays : de nombreux jeunes rêvent de se former pour aider les leurs. Le programme de parrainage de l’association permet de financer leurs études.” L’AHDH, soutient également des programmes d’éducation à Port-au-Prince.                              

M.A.

Pour en savoir plus : www.ahdh.com

LES CHUTES DE SAUT D'EAU

 



Samedi 7 juillet

Saut-d’eau, ville bonheur

  • Ses magnifiques chutes d’eau sont devenues le lieu de pèlerinage le plus fréquenté du pays depuis que la vierge y serait apparue. Ce n’est pas vraiment ce qui motive notre visite à Saut-d’eau. Situé à une heure et demi au nord de Port-au-Prince, ce petit village accueille chaque année en mars un Festival de l’eau à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau. Et si la première édition a vu le jour quelques mois seulement après le séisme de 2010, c’est grâce à l’énergie et à la détermination d’une jeune femme à la frêle silhouette mais au caractère bien trempé, originaire du village. “Les gens ici se plaignent qu’ils n’ont rien alors qu’il y a la nature et l’eau à profusion, explique Marjory Louis-Mard, présidente de la fondation Saut-d’eau et coordinatrice des programmes. Le festival est l’occasion de valoriser ces ressources naturelles et de sensibiliser à la protection de l’environnement.” Pendant plusieurs jours, conférences, débats, animations culturelles, visites guidées, baignades attirent quelques trois mille visiteurs et l’engagement de jeunes volontaires du village. “Les jeunes pensent qu’ils n’ont pas d’avenir ici et veulent partir à Port-au-Prince où il n’y a rien, ajoute Marjory. Le festival nous permet aussi de leur montrer qu’ils peuvent agir, créer. Le pays est à nous, c’est à nous de faire, à nous de nous impliquer.” Autre projet porté par l’infatigable jeune femme : la construction d’une école de huit classes, entourée de champs de maïs et d’arbres fruitiers. Le rêve de son père pour son village et certainement de nombreux enfants.            

M.A.              

Retrouvez la page facebook de Saut-d’eau Haïti et le site de la fondation www.sautdeauhaiti.com

SEISME : LE MARASME



Dimanche 8 juillet          3821

Terre de contrastes

  • A Port-au-Prince, deux ans et demi après le séisme, les stigmates de la catastrophe sautent toujours aux yeux des visiteurs. Au détour des rues ou des ruelles, derrière un pan de mur écroulé, se découvrent soudain des alignements d'abris précaires faits de toiles de tente et de bâches parfois renforcés de planches de bois et de tôles ondulées. Des campements qui abritent encore des centaines de familles dont les maisons ont été détruites. Des gravats jonchent toujours les trottoirs, l’eau déborde parfois sur la chaussée et certaines rues sont impraticables sauf par les intrépides conducteurs de tap-tap ou les chauffeurs de 4x4. Mais derrière les murs surmontés de barbelés se découvrent aussi des maisons bourgeoises qui ont souvent mieux résisté au séisme. La ville semble se reconstruire lentement, un peu plus vite peut-être s'agissant des bâtiments d'entreprise et autres sièges de sociétés.

Sans emploi, les habitants envahissent les rues et se transforment en “marchands”, tout se vend sur les étals de fortunes. Des 4x4 rutilant fendent, imperturbables, la masse incessante des vendeurs de bric et de broc. Dans les quelques hôtels “haut de gamme”, on croise aussi, à l'abri des regards, au bar ou au bord de la piscine, les personnels des ONG et quelques haïtiens aisés.Et même si l'atmosphère semble plus sereine en s'éloignant de la capitale, la pauvreté se lit dans chaque ville, village ou hameau traversé. Haïti est pourtant une île magnifique et pleine de ressources, à la terre riche et généreuse qui offre toute l’année une grande variété de légumes et de fruits et l’un des meilleurs rhums au monde. On y disserte parfois sur la nécessité de l'esprit d'entreprise mais ni les bonnes volontés ni leurs projets ne semblent intéresser la puissance publique quasi inactive. Un peu comme si, au-delà de la catastrophe et de la vie politique agitée, la mise sous tutelle d'Haïti par la communauté internationale avait tué tout esprit d'initiative et toute dignité chez un peuple qui pourtant n'en manque pas, en témoignent son histoire et son rayonnement intellectuel.

                                                                                                                                                                                                                          M. A.

 

 

                                                                                            .

LA FACE CACHÉE D'HAÏTI

 


 

Lundi 9 juillet

Sur les hauteurs

  • La chaleur est étouffante à Port-au-Prince au mois de juillet. Mais plus on monte sur les collines qui entourent la capitale, plus la température baisse et mieux l’on respire. D’ailleurs plus on monte et plus les quartiers traversés changent. D’abord Pétionville, choisie comme ville de résidence estivale dès le XIXe siècle par les Port-au-Princiens à la recherche d’un peu de fraicheur. On y trouve hôtels, restaurants et, d’après Edou, notre hôte, les night-clubs les plus huppés du pays. En continuant notre ascension direction Kenscoff, nous passons par Tarase, une zone devenue privée (et gardée), qui offre un panorama magnifique sur la baie de Port-au-Prince. Ici, les routes sont goudronnées et les maisons somptueuses, certaines accrochées sur des promontoires dominant le paysage. “La face cachée d’Haïti, celle que l’on ne montre jamais à la télévision”, commente Fenelle, qui nous accompagne. Un peu plus loin, le même scénario se répète à Boutilliers. “Cette zone, qui devrait recevoir une protection nationale, a été livrée aux bandits, s’indigne Edou, avant d’expliquer. Il faut être riche, très riche pour acheter ici : commerçant, trafiquant de drogue… Il y a quelques années, tout le monde venait se rassembler sur ce beau belvédère pour admirer la ville, profiter de la verdure et de la fraicheur. Aujourd’hui, il y a des maisons privées et des parkings pour leurs voitures. Et que dit l’Etat ? Rien du tout”. Ou presque : le ministre du Tourisme aurait déclaré vouloir développer cette zone pour en faire une station touristique. Populaire, n’est-ce pas ? 

                                                                                                      M. A.

 

ÉMANCIPATION



Mardi 10 juillet

 L’émancipation par le savoir

  • La seconde rencontre avec nos amis de l’Afhsa Haïti a été riche en échanges et a permis de définir les objectifs de l’association pour les quelques années à venir. Ensemble, il a été décidé de redynamiser le projet de parrainage d’enfants haïtiens en France pour permettre leur scolarisation et de monter un projet de bibliothèque. Un autre de restaurant scolaire accompagnant la nouvelle école Saint-Jean-de-Dieu qui devrait ouvrir en septembre est également à l’étude. Des actions nées de la conviction partagée que “L’accès au savoir et à la culture est un vecteur d’émancipation.” “Duvalier a tué toute l’intelligence du pays, a rappelé Jean-Marie Baudoin, secrétaire de l’Afhsa Haïti. Il faut reconstruire une nouvelle intelligence et c’est grâce au savoir qu’on pourra le faire. Le changement viendra du mouvement intellectuel.” La discussion s’est ensuite orientée vers le rôle que jouent, dans ce contexte, les ONG présentes dans le pays. “Elles travaillent pour le compte de l’impérialisme international en dépolitisant la jeunesse, estime Jean-Marie Baudoin. Quand un début de lutte pour le changement voit le jour, les ONG recrutent les éléments avant-gardistes populaires.” Annihilant par là même leur énergie contestataire. “Les ONG sont le poison le plus violent que l’on peut administrer à un pays, juge quant à lui Joseph Pierre Lamothe, le président d’Afhsa Haïti. Nous en avons des milliers ici : à part de petits projets communautaires sans envergure, on ne voit pas ce qu’elles font. Et quand elles interviennent, elles le font sans demander l’avis de l’Etat haïtien.” Plus de quatre milliards de dollars ont été donnés à Haïti et la reconstruction est lente, trop lente.

M.A.

LES RUINES



Mercredi 11 juillet

Destruction massive

  • Sans doute pensait-on avoir mesuré l’ampleur de la catastrophe causée par le séisme du 12 janvier 2010. Deux ans et demi après les événements, on reste saisi par l’étendue des dégâts, et un peu plus chaque jour passé dans la capitale. Sur le bord de la baie, dans la ville basse, la zone du Champs-de-Mars était le centre administratif et commercial de Port-au-Prince. Ce n’est plus qu’un vaste champ de ruines. La liste des ministères, bâtiments administratifs (quarante-deux au total) ou religieux détruits est longue : ministères de l’Intérieur, des Affaires sociales, de l’Environnement, de la Planification, du Commerce, des Affaires étrangères, Parlement, direction générale des Impôts, faculté de Médecine et de Pharmacie, église du Sacré-cœur, cathédrale de Port-au-Prince, Banque nationale de crédit… “La Warf de Port-au-Prince, la zone portuaire, a aussi été endommagée, ajoute Edou, notre hôte. Des marchandises transitent encore par la République Dominicaine.” Sur la place du Champs-de-Mars, les héros nationaux Toussaint Louverture, Henri Christophe et Jean-Jacques Dessalines ont résisté à la catastrophe. Ils contemplent depuis leur socle de pierre les vestiges du Palais national. L’immense bâtisse blanche, symbole de la fierté nationale, s’est effondré sur ses bases et git depuis là, derrière des grilles désuètes. Hier, le premier ministre, Pierre Lamothe, a annoncé le démarrage des grands chantiers de la reconstruction, dont ceux de plusieurs bâtiments publics. “Les travaux de reconstruction des locaux de trois ministères, dont l’Intérieur et des collectivités territoriales, seront lancés dans les jours qui viennent”, a-t-il déclaré. Des promesses de cette nature ont déjà été formulées depuis le séisme, en vain. “On ne sait jamais ce qu’il adviendra en Haïti, confie Edou. Mais avec les annonces de ce nouveau gouvernement, on peut espérer de nouvelles perspectives.
M.A.

AUTONOMIE DÉMOCRATIQUE



Jeudi 12 juillet

Vers l’autonomie

  •  La semaine de notre arrivée à Port-au-Prince, l’actualité haïtienne était focalisée sur un événement qualifié d’“historique”, de “pas de géant”, d’“ordre nouveau en marche” ou encore de “révolution tranquille” : l’installation du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Depuis sa création par le décret du 28 décembre 2005, il aura fallu attendre sept ans pour que cet organe “d’administration, de contrôle, de discipline et de délibération du pouvoir judiciaire” soit mis en place. Soulignons toutefois que cette autorité, qui devrait permettre de garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire et consacre le principe de séparation des pouvoirs, n’a pas d’équivalent en France où le parquet est nommé directement par le ministre. Si certaines critiques se sont fait entendre en Haïti- “C’est de la poudre aux yeux”, “Le gouvernement n’a rien inventé” - “Il faut reconnaitre l’importance de l’événement du point de vue structurel, institutionnel, nous confiaient nos amis de l’Afhsa, lors de notre dernière rencontre. Mais si le corps est là, l’esprit du corps n’est pas encore là : les membres du CSPJ ne sauront peut être pas prendre leur distance vis-à-vis de l’exécutif. Il faut s’habituer à exercer le pouvoir en toute autonomie.” En attendant, la création du CSPJ permet d’envisager la mise en place d’un Conseil électoral permanent (un provisoire existe depuis la Constitution de 1987) dont les neuf membres doivent être nommés par les trois pouvoirs à raison de trois chacun.
  •                                                                                                                                                                                  M. A.

DÉGUSTATION

 



Vendredi 13 juillet

Une institution

  • Edou aime bien y venir et rien que son nom évoque à Rony le délicieux plat de lambi dont on peut s’y régaler (à noter pour éviter toute déception : le lambi est servi le jeudi !). Il faut dire que La coquille, petit restaurant réputé de Pétionville, est une adresse fort sympathique décrite dans le seul guide touristique d’Haïti que nous ayons pu trouver comme “une institution de la cuisine créole”. Et le fait est, l’institution commence dès l’accueil. Outre l’attention souriante du personnel, un panneau annonce le programme : “on mange, on boit, on sympathise…”. Et le décor est à l’avenant : couleurs chatoyantes, filets de pêches, barques et coquillages (La Coquille, quoi !). Mais c’est bien sûr par la cuisine proposée que l’institution prend toute sa dimension créole. Outre le lambi déjà évoqué, la formule buffet (à volonté, très prisée ici) offre aux visiteurs un large choix de spécialités haïtiennes : accras, griots, cabri, poisson gros sel, patates douces et bananes pesées, maïs-moulu, pikliz, riz blanc, riz djon-djon… Alors forcément une fois la première assiette achevée, on y retourne... Fin sur une douceur (d’ailleurs c’est son nom) délicieuse : noix de coco râpée, lait, sucre brun, vanille. Et pour faire bonne mesure, nous avons accompagné le tout de la bière prestige, la meilleure d’Haïti. Si vous passez par Pétionville et souhaitez échapper un instant à la dure réalité de Port-au-Prince, n’hésitez pas à faire escale à la Coquille.

                                                                                                                   M. A.

 

BILAN DU SÉJOUR



Dimanche 15 juillet

Partir et revenir

 

  • Nous avons quitté Haïti hier, à la mi-journée, et il est toujours difficile de mettre de l'ordre dans ce que nous pouvons retenir de notre séjour. La densité des émotions nées de nos découvertes et rencontres, leurs aspects contradictoires parfois, rendent l'exercice compliqué, sans doute nous faut-il un peu de temps pour “digérer” ce que nous avons vécu tout au long de ces dix jours. Bien sûr il y a la longue histoire de l'Afhsa, sa “renaissance” au lendemain du séisme et l'étape prometteuse que concrétise notre rencontre avec les dirigeants de la branche haïtienne de l’association.

L'accueil que nous a réservé notre hôte, Edou, nous a profondément touchés. Tant de gentillesse, de prévenance, de disponibilité, dans une ville ravagée aurait pu nous paraître surréaliste, mais c'est sans doute sa simple humanité qui nous a paru ici exceptionnelle. D'autres rencontres nous laissent de semblables sentiments. Marjory, qui porte sur ses frêles épaules tout un projet de développement de Saut d'Eau, village d'où est originaire sa famille ; Dr René à la tête d'un hôpital et d'engagements qui prodiguent des soins aux quarante mille habitants de la zone, Fenelle, expatriée aux USA, membre fondatrice d'une association maître d’œuvre, entre autres projets, de l'hôpital. Et Ichmène qui a tout perdu dans le séisme...

Reste aussi ancrée dans nos colères et nos révoltes l'absence de la France dans les chantiers de la reconstruction d'Haïti et, au-delà, la conception étrange de la solidarité que portent la Minustah et les ONG dont l'action heurte la dignité du peuple haïtien et s'apparente à du colonialisme, à figure humanitaire.

Nous n'en avons donc pas fini avec la mise en ordre de nos impressions de voyage. Mais déjà nos désirs de mieux connaître Haïti et notre devoir de solidarité nous obligent à imaginer un prochain voyage.

                                                                                                                                       M. A.

 

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